 Historique du lycée Malalaï | En janvier 1921, à une époque où l'instruction des filles n'existe au mieux que dans un cadre privé et familial, est initiée la création de l'école Mastourat, une école de filles à Kaboul. Elle sera dirigée par des femmes de la famille royale, et notamment par la reine Soraya, ainsi que sa sœur et leur mère Asma Rasmiya. L'histoire de cette école ne sera toutefois pas sans aléas. Sous la pression religieuse, elle doit rapidement fermer pour être finalement rétablie quelque temps plus tard, dans l'enceinte même du palais royal. Les événements politiques lui joueront un premier mauvais tour et elle fermera ses portes, semble-t-il alors définitivement, en 1929 avec l'exil de la famille royale.
En 1932 cependant, sous l'impulsion du gouvernement du nouveau roi Nadir Chah, l'école Mastourat est finalement rouverte au sein de l'hôpital du même nom. Officiellement, elle doit former les infirmières du pays, mais elle accueille discrètement des jeunes filles à qui sont enseignées de nombreuses matières.
|
| C'est en 1939 que le tournant décisif s'opère. Madame Fraissé, enseignante française, est désignée comme directrice du désormais officiel lycée de jeunes filles. Elle en a élaboré le projet d'établissement scolaire l'année précédente. Si la présence française prend forme, le lycée reste et restera sous autorité afghane. D'ailleurs, toutes les dépenses sont alors à la charge du gouvernement afghan. Onze professeurs afghanes et neuf européennes y assurent des cours destinés à 610 élèves. Le français y est enseigné dès la première année de primaire à raison de 7 heures par semaine.
Arrive alors 1942 et le déménagement dans de nouveaux locaux. L'école s'appellera dès lors lycée Malalaï. La plupart des matières y sont enseignées en français, mais des cours d'anglais et d'allemand sont également dispensés à cette époque. Dès 1945 les premières bachelières sont diplômées et l'école devient l'après-midi, pour ces dernières, une université. En effet les établissements supérieurs sont réservés aux garçons. Les professeurs de l'université viennent donc au lycée Malalaï enseigner aux bachelières souhaitant poursuivre leur cursus.
|
| Au cours des années 50-60, le lycée voit ses effectifs augmenter et le corps professoral se modifier pour ne plus comporter que des professeurs afghans formés en Afghanistan. Seuls les cours de français, redevenus seule langue étrangère enseignée, sont assurés par des professeurs européens. En 1968 toutefois la première professeur afghane de français est recrutée, rapidement rejointe par trois nouvelles compatriotes.
Les événements politiques vont alors revenir troubler la vie du lycée. Sous domination soviétique, le régime communiste afghan va imposer l'enseignement du russe au détriment du français. Les professeurs français sont invités à quitter le pays et en 1984 c'est la fin de toute relation franco-afghane. Les choses iront de mal en pis pour le lycée Malalaï puisque dans les années 90 les bâtiments souffrent de la guerre civile et en 1996 les talibans occupent les locaux. D'abord comme habitation pendant deux mois avant d'y installer une école coranique. Bien entendu, durant cette période, les filles ne sont plus autorisées à fréquenter l'école.
|
| Après la chute du régime taliban, à la fin de l'année 2001, la coopération entre la France et l'Afghanistan peut enfin reprendre. Grâce aux efforts de réhabilitation menés durant l'hiver le lycée peut accueillir dès mars 2002, pour la rentrée, quelques centaines d'élèves. Très vite les effectifs se renouvellent et aujourd'hui le lycée accueille plus de 2000 élèves.
Suite à la visite de Pierre Lellouche, alors représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan en mai 2009, une enveloppe exceptionnelle a été accordée au projet ALEM afin d'équiper et de réhabiliter les deux lycées. La Mission laïque française est chargée de la mise en oeuvre de ces importants travaux.
Photos des travaux au lycée Malalaï |
|  Malalaï de Maiwand | Malalaï est le nom d'une héroïne de la seconde guerre anglo-afghane.
Native du petit village de Khig proche de Maiwand, Malalaï est la fille d'un berger qui s'est engagé avec le mari de la jeune femme dans l'armée d'Ayub Khan contre les Anglais. Ils combattront durant la bataille de Maiwand le 27 juillet 1880. Malalaï comme un grand nombre de femmes de la région soutient les combattants en leur fournissant eau, nourriture et munitions et en soignant les blessés.
Bien que supérieurs en nombre les combattants afghans perdent du terrain et commencent à perdre espoir face à l'armée anglo-indienne mieux armée. C'est alors que Malalaï va devenir l'auteur d'un geste qui sera ensuite célébré. Les versions diffèrent dans les détails, mais pas sur le fond. Brandissant ou son voile comme un étendard ou le drapeau afghan d'un combattant abattu devant elle, elle exhorte les soldats au combat et les encourage en chantant des poèmes patriotiques. Elle continuera à chanter jusqu'à ce qu'elle soit elle-même abattue.
Mais ce geste héroïque de l'aveu même d'Ayub Khan redonne courage et moral aux soldats afghans qui arracheront finalement la victoire à l'armée anglo-indienne obligée de battre en retraite et de se retrancher sur Kandahar. Cette défaite restera comme la plus lourde de la seconde guerre anglo-afghane pour les Anglais.
L'importance de l'intervention de Malalaï sera considérée comme décisive côté afghan après la bataille et Ayub Khan lui rendra hommage lors de son enterrement dans son village. Il en restera l'image d'une héroïne symbole de la résistance afghane.
|
|
|